Menu

FondateurPère Rafaël Alonso Reymundo

Entrevue

Père Rafaël Alonso Reymundo

Comment est apparu le Foyer de la Mère?

Le Foyer de la Mère est une oeuvre qui s’est construite au fil du temps. Elle n’a pas été définie depuis le commencement, ce serait comme si on étouffait un charisme. Nous sommes convaincus que le Foyer de la Mère est réellement le Sien, et que nous ne sommes que des instruments. C’est Elle qui va guider nos pas... Je crois qu’il y a eu un esprit, un charisme, et que ce charisme s’amplifie avec le temps.

Comment l’oeuvre s’est- elle transmise?

J’avais le charisme, et je me suis chargé de le transmettre à tous : la Défense de l’Eucharistie, la Défense de l’Honneur de Notre Mère, particulièrement en ce qui concerne le privilège de sa virginité, et la Conquête des jeunes pour Jésus-Christ.

Déjà, avant mon entrée au séminaire, je savais que je devais travailler à l’accomplissement de ces trois missions, qui m’avaient été confiées.

Lorsque je parvins au sacerdoce, je me suis entouré de jeunes. Ce que j’ai fait en premier lieu, c’est cultiver leur spiritualité pour qu’ils vivent dans la grâce de Dieu et leur indiquer le chemin qui les rapproche du Seigneur et de Notre Dame. Je les incitais à mener une vie de prière sérieuse, de confession fréquente, de communion si possible quotidienne et à dire au minimum un mystère du Rosaire par jour. Peu à peu les promesses que nous avons maintenant se sont manifestées.

C’est ainsi que s’est créé le premier groupe du Foyer de la Mère de la Jeunesse. Sa branche féminine se créa en 1982 et sa branche masculine en 1983.

Quel fut le développement suivi par ce groupe de jeunes?

Au cours de leur évolution, les jeunes ont dû faire des choix, évidemment. La première option était de faire des études universitaires.  Comme la majorité était de Tolède et devait aller étudier à Madrid, il y avait le choix entre la dispersion dans des résidences et des appartements, ou bien l’idée plus enthousiasmante pour elles, de fonder une petite communauté où elles pourraient vivre ensemble dans le même esprit. Ce fut le premier pas important.

Le deuxième pas important fut la fondation des Servantes du Foyer de la Mère, le 22 septembre 1984. Celle-ci fut créée par un groupe de ces jeunes filles qui voulait s’engager totalement pour vivre en plénitude la triple mission du Foyer. Les premières furent la Mère Ana, Soeur Reme et la Soeur Conchita.

Quelle est la spiritualité du Foyer?

La spiritualité du Foyer, nous l’expérimentons comme un don de Dieu et de Notre Mère la Vierge. Nous sommes comme une toute petite plante en croissance. Chaque jour, nous découvrons de nouveaux aspects et de nouvelles dimensions de cette spiritualité. 

La spiritualité découle des trois missions principales que nous avons : la Défense de l’Eucharistie, la Défense de l’Honneur de Notre Mère, surtout en ce qui concerne le privilège de sa virginité, et la conquête des jeunes pour Jésus-Christ. 

C’est ainsi que notre spiritualité est :
Eucharistique: l’Eucharistie est le centre de toute notre vie. En Elle, nous trouvons notre force, “Lève-toi et mange, parce que le chemin est trop long pour toi”.  (Ire 19,7). Nous l’aimons et essayons de la faire aimer au travers de la célébration quotidienne de l’Eucharistie, de l’adoration.
Mariale : Marie est Notre Mère, notre Modèle et notre Maîtresse. Nous la sentons très proche de nous. Avec le Scapulaire, nous nous plaçons sous la protection maternelle de Notre Dame du Carmel.
Apostolique : Avant tout montrer aux jeunes, au travers de l’Eucharistie et de la Vierge, les chemins fondamentaux de rencontre avec Jésus-Christ.
Le Foyer de la Mère, comme son nom l’indique, a l’esprit de “foyer”, de famille...  dans lequel la mère, coeur et âme de toute famille, est la Vierge.
Le Foyer est le cadeau du Seigneur à sa Mère. Pour cela, nous voulons nous perfectionner sans limite, en imitant ses dispositions et attitudes internes de don de soi, de charité et d’abandon total entre les mains de Dieu.   

Notre âme est un sanctuaire exclusif de Dieu, où se réalise l’alliance avec le Seigneur et avec Notre Mère. La Vierge vit en nous, et à travers nous, en se manifestant aux autres si nous la laissons faire. Les sanctuaires que nous désirons élever en l’honneur de la Vierge doivent être la manifestation de nos sanctuaires de l’âme.
Une des autres caractéristiques de notre spiritualité est que c’est une spiritualité carmélitaine. Le propre de celle-ci est la recherche de l’union avec Dieu au sommet du Mont où ne règne que la gloire de Dieu. On arrive à cette union par les “riens”, laissant de côté les créatures, c’est à dire en s’engageant directement à s’unir à Dieu, à chercher Dieu à tout prix. Aussi, il y a la fidélité à Dieu, parce qu’ aujourd’hui, c’est plus nécessaire que jamais. Il y a une grande peur de s’engager vis-à-vis de Dieu et de Lui rester fidèle. Beaucoup d’hommes ne profitent pas des bontés de Dieu, justement à cause de leur infidélité.

La fidélité à Dieu implique toujours la croix, les souffrances, mais elle mène à ce que le Seigneur les aide à découvrir le sens complet de la vie, y compris celui des souffrances, comme disait Saint Paul : “Je complète en moi ce qui manque à la Rédemption de Dieu par son Eglise”.

Nous voulons vivre l’abandon et la confiance en Dieu d’où naît une disponibilité totale.
Le fruit de tout cela doit être la joie véritable, l’union entre nous et l’amour désintéressé pour L’Eglise.
Le but de tous les membres du Foyer doit être l’identification à Jésus-Christ et leur transformation en Lui par les bras maternels de Marie.

Après ces années d’existence du Foyer, quel est votre bilan?

Je dois dire qu’il s’est passé des choses qui n’étaient pas prévues. Sans doute cela n’a-t-il aucune importance, parce que l’Esprit est  imprévisible. Ce n’est pas nous qui dirigeons l’oeuvre de Dieu, c’est Dieu qui la guide, et c’est déjà bien si nous n’entravons pas la bonne marche de ce que fait le Seigneur. Il est certain que je suis surpris lorsque je regarde en arrière et que je vois tout ce qui s’est accompli : à part le noviciat des Servantes à Zurita (Cantabria),trois maisons de plus à Cuenca, Priego et Belmonte; dix-sept prêtres et évêques nous ont sollicités pour créer une fondation dans leur diocèse; ils nous offrent le terrain pour élever un sanctuaire à la Vierge si nous le voulons, comme cela a été le cas en Italie et à Barcelone. Tout cela ne laisse pas  d’être pour moi un motif d’étonnement, de grand étonnement.

Peut-être, à l'égard de l’oeuvre du Foyer, suis-je un spectateur qualifié de ce que Dieu est en train de faire. Ce qui commence, c’est les Servants du Foyer de la Mère. Au point où nous en sommes, nous devons prier davantage, comme a dit le Seigneur : “la moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux, mais prie le propriétaire de la moisson d’envoyer des ouvriers pour la moisson”. Que le Seigneur envoie de plus en plus de Servants au Foyer de la Mère, pour qu’ils puissent de mieux en mieux servir son Eglise.

Et en tant que spectateur privilégié, les faits actuels me paraissent absolument surprenants: en premier lieu, la croissance des Communautés d’Adultes. Bien que, quelquefois, ce qui se passe à l’arrivée de personnes qui ne sont pas réellement appelées au Foyer, mais qui cherchent autre chose qui n’est pas en concordance avec l’esprit me préoccupe.

En deuxième lieu, la consolidation progressive du Foyer de la Mère de la Jeunesse, la participation des jeunes aux diverses activités que nous organisons, me paraissent une raison pour espérer. On peut citer en exemple les activités les plus proches, telles que la récupération du Monastère de San Miguel de las Victorias à Priego (Cuenca). Il est étonnant de voir non seulement des jeunes gens et des jeunes filles, mais aussi des universitaires qui travaillent avec ardeur. D’autre part, il y a le travail réalisé dans le Foyer Carmen Maria à Barcenilla (Cantabria), en ce sens qu’il ne s’agit pas tant de récupérer un site ancien, mais plutôt de créer quelque chose de nouveau  pour d’autres jeunes. 

Comment interprétez-vous la phrase : “ on ne peut donner la vie sans souffrances”?

C’est une phrase que j’ai lue en lecture spirituelle, et qui fut prononcée par le grand fondateur de l’oeuvre de Schonstatt, le Père Kentenich. Cette phrase m’a beaucoup marqué, parce qu’au cours de ses homélies, il la répétait fréquemment. C’est la même expérience que la nôtre, au Foyer, non seulement la mienne, mais aussi celle de tous ceux qui ont participé de près à la création du Foyer.  Etant donné que le Foyer est une oeuvre spirituelle, c’est à dire engendre la vie dans l’âme, forcément, cela implique du découragement et des souffrances. Nous le voyons en Jésus-Christ lui-même, qui nous disait “ Le disciple ne dépasse pas le maître, et s’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi, mais s’ils ont conservé ma parole, ils conserveront la vôtre aussi.”  Le prix de la vie est la souffrance, et qui n’accepte pas de souffrir ne pourra jamais donner la vie.

Pour terminer, quels conseils pouvez-vous donner à nos lecteurs?

Lors d’une conversation avec  Mamie, elle m'a dit: “ mon fils, ne conseille pas trop les gens, parce que très souvent, les gens font ce qu’ils veulent” Et Mamie avait une grande expérience de la vie. En plus, je ne suis pas quelqu’un qui donne des conseils.

La seule chose que je puis dire, c’est que celui qui s’ouvre entièrement à Dieu sera plus heureux, même avec les souffrances et les persécutions. Mais s’il y a une chose que je peux vous dire, c’est de vous ouvrir à Dieu, parce que le Pape a dit une phrase qui m’a marqué : “ Seul l’Eternel peut combler le coeur de l’homme”. S’il y a une conclusion à tirer de ceci, non pas de ce que j’ai dit, mais bien de la réflexion du Pape, c’est qu’il faut s’ouvrir à Dieu. Comme disent aussi les Ecritures : “Je suis à la porte et j’appelle, et si quelqu’un m’ouvre, j’entrerai, et nous mangerons ensemble”. Donc, ne soyons pas bêtes et ouvrons les portes à Notre Seigneur, car il est le seul à pouvoir nous satisfaire. De là se déduit tout le reste. Que signifie s’ouvrir à Dieu? Méditer sa parole, l’accueillir dans notre coeur, la mettre en oeuvre, mener une vie honnête, respecter les commandements, recevoir les sacrements pour augmenter cette vie divine, etc... Découvrir chez les pauvres, chez les nécessiteux, en notre prochain, une personne qui a besoin d’amour. Nous allons le faire.

Social Networks

Choose Language

Search

Les cookies nous permettent de gérer les services proposés par notre site. En utilisant notre site, vous en acceptez, de fait, l'utilisation.
Ok